L'Antarctique pourrait fondre encore plus vite que nous ne le pensions

L’Antarctique pourrait fondre encore plus vite que nous ne le pensions

Un nouveau modèle mis au point par des chercheurs de Caltech et du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA laisse entendre que les glaces de l’Antarctique pourraient fondre à un rythme accéléré, ce qui pourrait éventuellement contribuer à accélérer la vitesse de la hausse du niveau des océans. 

Les chercheurs indiquent que leur modèle tient compte d’un courant océanique souvent ignoré, qui circule le long de la côte de l’Antarctique, en plus de simuler à quelle vitesse l’eau douce, qui a fondu des calottes glaciaires, peut piéger de l’eau océanique plus chaude à la base des glaces, ce qui entraîne un réchauffement et une fonte encore plus rapides.

Les calottes glaciaires sont des excroissances de l’inlandsis (la couche de glace) de l’Antarctique, que l’on retrouve là où la glace s’étend au-delà de la terre ferme et flotte sur l’océan. Ces calottes, qui font plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, agissent comme un mur protecteur pour la glace située sur la terre ferme, en empêchant l’ensemble des glaces de glisser dans l’océan (ce qui ferait très largement augmenter le niveau des mers).

Cependant, le réchauffement de l’atmosphère et des océans provoqués par les changements climatiques augmentent la vitesse à laquelle ces calottes glaciaires fondent, ce qui menace leur capacité à agir comme structures de blocage pour le reste de la glace dans cette zone située au pôle Sud de notre planète.

« Si ce mécanisme que nous avons étudié est actif dans le vrai monde, cela pourrait dire que la vitesse de fonte des glaces pourrait être de 20 à 40 % supérieure aux prédictions comprises dans les modèles climatiques mondiaux, qui ne peuvent généralement pas simuler les forts courants circulant près de la côte antarctique », a mentionné Andy Thompson, l’un des auteurs de l’étude publiée dans Science Advances.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs se sont concentrés sur une seule région de l’Antarctique : la péninsule Antarctique Ouest. Le continent a des allures de disque, à l’exception de l’endroit où cette péninsule s’étend dans l’océan, notamment en se retrouvant dans une zone de latitudes plus basses et plus chaudes. C’est là que le continent austral subit le plus d’impacts liés aux changements climatiques.

L’équipe de recherche avait déjà déployé des véhicules autonomes dans cette région, et des scientifiques ont utilisé les données provenant de phoques sur lesquels avaient été attachés des appareils de mesure pour évaluer la température et la salinité de l’eau et de la glace.

Le modèle conçu par les responsables de cette étude, qui tient compte du courant océanique passant souvent sur le radar, illustre comment l’eau douce provenant de la fonte de la glace de cette péninsule circule rapidement à la surface de l’océan et piège de l’eau de mer salée relativement chaude sous les calottes glaciaires. Cela entraîne ensuite la fonte de ces dernières par dessous.

Ultimement, ce phénomène peut se répandre tout le long de la côte antarctique, en raison du courant, ce qui signifierait que la fonte s’accélère même à des milliers de kilomètres de l’endroit où le réchauffement se fait d’abord sentir.

« Il y a des aspects du système climatique que nous sommes encore en train de découvrir », mentionne M. Thompson. « Comme nous sommes en mesure de développer davantage notre capacité à modéliser les interactions entre l’océan, les calottes glaciaires et l’atmosphère, nous pouvons effectuer des prédictions plus précises, avec un meilleur contrôle de l’incertitude. Nous aurons peut-être besoin de revoir certaines des prédictions à propos de la hausse du niveau des océans pour les prochaines décennies ou le prochain siècle. Ce travail, nous l’accomplirons à l’avenir. »

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