Illustration : Clotka. Popi n°433.

Garde d’enfant : le grand chamboulement !

Vous allez bientôt devoir confier votre tout-petit à quelqu’un d’autre pour reprendre le travail ? Dans votre tête, les questions fusent : et s’il se sentait perdu ? Et s’il mangeait mal ? Et s’il était triste ?… Crèche, assistante maternelle, nounou à la maison ou grands-parents, quel que soit le mode de garde, cet événement inquiète beaucoup de parents. Les conseils de la rédaction de Popi avec l’aide d’une psychomotricienne et d’une assistante maternelle pour une rentrée apaisée.

“Quelle est la clé d’une bonne relation avec la nounou ?”

Diénéba Baradji, assistante maternelle : La transparence. On se dit tout, même – et surtout – quand on fait des erreurs ! Ce n’est pas toujours évident, mais c’est ainsi qu’on gagne la confiance des parents, qu’elle se construit et se renforce.

“À la crèche, ils sont toujours malades !”

Cécile Pavot-Lemoine, psychomotricienne : La crèche est un peu le royaume du nez qui coule ! Elle n’est pas recommandée aux enfants fragiles – comme certains grands prématurés – avant 1 an. Les virus circulent et se transmettent facilement d’un enfant à l’autre. Mais cela leur permet de constituer et de renforcer leur système immunitaire. La deuxième et la troisième année d’accueil sont moins difficiles de ce point de vue !

  • Cécile Pavot-Lemoine est psychomotricienne en centre de PMI et en crèche. Elle est aussi coordinatrice pédagogique à l’IFP-Faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière (Paris) et auteure de Des bébés et des crèches (Dunod, 2018).
L'immunité des enfants se trouve fortifiée après la 1re année en crèche, souvent chaotique. Supplément pour les parents du magazine Popi n°433, septembre 2022. Illustration : Clotka.

“Mon enfant sera-t-il plus sociable s’il est gardé en crèche ?”

Cécile Pavot-Lemoine : Pour les enfants dont le développement est sans particularité, il n’y a pas d’enjeu majeur à proposer un lieu d’accueil collectif avant 3 ans. Selon les types d’accueil, certains aspects du développement seront favorisés plus tôt. Par exemple, être gardé par une assistante maternelle favorise un attachement plus individualisé. Mais cela ne détermine en rien la suite des événements ! En réalité, tout dépend des professionnels, qu’ils soient encadrants en crèche ou assistants maternels, et aussi du ressenti des parents : s’ils sont sereins, l’enfant le sera aussi.

Pour les enfants dont le développement est sans particularité, il n’y a pas d’enjeu majeur à proposer un lieu d’accueil collectif avant 3 ans. Supplément pour les parents du magazine Popi n°433, septembre 2022. Illustration : Clotka.

“Mon enfant ne veut pas quitter sa nounou ou la crèche le soir… C’est dur !”

Cécile Pavot-Lemoine : L’enfant qui refuse de partir peut donner le sentiment qu’il “préfère” être à la crèche ou chez son assistante maternelle. En fait, c’est juste un enfant qui n’a pas envie de renoncer à ce moment où il est bien, où il joue. C’est un drôle de paradoxe qui s’insinue dans l’esprit des parents, qui souhaiteraient que leur petit soit heureux avec d’autres… mais qu’il ne le soit quand même pas autant qu’à la maison ! Les professionnels doivent rappeler aux familles qu’elles seront toujours les premières dans le cœur de leur petit.

Si l'enfant ne veut pas quitter la crèche, c’est souvent qu'il ne souhaite pas interrompre un moment où il se sent bien. Supplément pour les parents du magazine Popi n°433, septembre 2022. Illustration : Clotka.

“Comment gérer une remarque désagréable faite sur mon enfant ?”

Cécile Pavot-Lemoine : “Il a mordu…” ; “Elle était très agitée, elle a tapé les copains…”. Même si l’information est formulée gentiment, elle peut faire mal. Colère ou sentiment de honte peuvent nous submerger. Pourtant, pas d’inquiétude : un jeune enfant qui mord ou qui tape n’est pas un prédélinquant ! Il faut pouvoir en parler, être capable de dire : “Ce que vous m’avez dit m’a secoué, j’ai besoin de comprendre”, et choisir l’occasion opportune, en dehors des moments de transmission. En échangeant, on trouve généralement en quelques jours les moyens de saisir la situation, et donc d’intervenir.

Après une remarque désagréable sur l'enfant, il faut en reparler, si possible en dehors des moments de transmission. Supplément pour les parents du magazine Popi n°433, septembre 2022. Illustration : Clotka.

“La sécurité de l’enfant : à quoi faut-il prêter attention ?”

Diénéba Baradji : La sécurité du logement des assistantes maternelles est régulièrement évaluée. Intérieur, extérieur, tout est vérifié. Les parents peuvent poser clairement la question : “Comment assurez-vous la sécurité de mon enfant ?” Ensuite, aux parents de voir quelle est leur priorité. Pour certains parents, c’est la sécurité qui prime, pour d’autres c’est que l’enfant soit stimulé, d’autres encore mettent l’accent sur l’affection… Une nounou ne coche pas forcément toutes les cases. C’est pourquoi je conseille de lister toutes ces exigences et de les prioriser avant de rencontrer la personne susceptible de garder le bébé.

Sécurité, stimulation, affection… aux parents de lister leurs priorités vis-à-vis d'une assistante maternelle. Supplément pour les parents du magazine Popi n°433, septembre 2022. Illustration : Clotka.

Témoignages de parents

“Nous avons trouvé le bon compromis” : Frédéric, papa de Salomé et Joachim
“Quand on s’est aperçus que la télé était allumée devant notre fille chez sa nounou, on en a parlé avec elle. On s’est mis d’accord : OK pour la télé allumée de temps en temps, mais de préférence pendant la sieste, et surtout pas l’écran face à l’aire de jeux. À côté de ça, elle était top et nos deux enfants l’ont adorée. Si on veut se faire entendre sur les choses importantes, il faut savoir lâcher sur d’autres.”

“Ma fille est gardée par sa grand-mère” : Delphine, maman de Wilma
“Je n’avais ni envie de confier Wilma à des inconnus, ni le budget pour une nounou. J’ai confiance, Wilma est stimulée, et je n’ai pas à m’inquiéter de sa sécurité. Seul point négatif : ma mère fait un peu d’ingérence (tri dans le frigo, commentaires sur la déco…). Comme la garde ne nous coûte rien, on n’ose pas trop se plaindre. La clé, c’est de se parler. Et souvent, l’abcès est vite crevé.”

“Garde d’enfant : le grand chamboulement !”, supplément pour les parents du magazine Popi n°433, septembre 2022. Texte : Joséphine Lebard. Illustrations : Clotka.

Cet article a également été publié sur le site du magazine Popi.

Couverture du magazine Popi n°433, septembre 2022 et son supplément pour les parents : “Garde d’enfant : le grand chamboulement !”

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