📰 Les vestiges de la formation massive d'étoiles dans la nébuleuse de la Tarentule

đź“° Les vestiges de la formation massive d’Ă©toiles dans la nĂ©buleuse de la Tarentule

Comprendre le processus de formation d’Ă©toiles est une question ouverte majeure de l’astrophysique contemporaine. C’est en effet le processus qui contrĂ´le l’Ă©volution des galaxies depuis leur naissance, transformant progressivement leur gaz (Un gaz est un ensemble d’atomes ou de molĂ©cules très faiblement liĂ©s et…) interstellaire en Ă©toiles et l’enrichissant en Ă©lĂ©ments lourds et grains de poussière. C’est aussi la formation d’Ă©toiles qui est Ă  l’origine de la formation des systèmes planĂ©taires et de l’apparition de la vie (La vie est le nom donné 🙂.


Image composite de la nĂ©buleuse de la Tarentule (Le mot tarentule dĂ©signe une araignĂ©e mythique de la province de Tarente en Italie, ou…) (ou 30 Doradus). L’Ă©mission stellaire (Stellaria est un genre de plantes herbacĂ©es annuelles ou vivaces, les stellaires, de la…), que l’on voit en bleu (Bleu (de l’ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs…), est une observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phĂ©nomènes, sans volontĂ© de les…) du VLT, dans le domaine visible. Les nĂ©bulositĂ©s roses proviennent d’observations VISTA, dans l’infarouge proche. Les filaments jaunes et rouges sont les observations millimĂ©triques de la molĂ©cule (Une molĂ©cule est un assemblage chimique Ă©lectriquement neutre d’au moins deux atomes, qui…) de CO avec ALMA.
Crédit: ESO, ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)/Wong et al., ESO/M.-R. Cioni/VISTA Magellanic Cloud survey.
Acknowledgment: Cambridge Astronomical Survey Unit.
Fichier original: https://www.eso.org/public/images/eso2209a/. Publié sous licence CC-BY-4.0.

Ce processus est cependant complexe et encore très mal compris. Il implique en effet la comprĂ©hension d’une sĂ©rie d’instabilitĂ©s hydrodynamiques amenant Ă  l’effondrement d’un nuage molĂ©culaire (En astronomie, les nuages molĂ©culaires sont des nĂ©buleuses interstellaires qui ont une densitĂ©…), dans lequel la gravitĂ© (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.), le champ magnĂ©tique (En physique, le champ magnĂ©tique (ou induction magnĂ©tique, ou densitĂ© de flux…) et la chimie (La chimie est une science de la nature divisĂ©e en plusieurs spĂ©cialitĂ©s, Ă …) jouent un rĂ´le central. De plus, la rĂ©troaction, c’est Ă  dire le rayonnement ionisant (Un rayonnement ionisant est un rayonnement qui produit des ionisations dans la matière qu’il…) et le vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz situĂ©e Ă  la surface…) des Ă©toiles massives nouvellement formĂ©es, a pour effet de dĂ©truire le reste du nuage (Un nuage est une grande quantitĂ© de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en…) molĂ©culaire et d’ainsi inhiber la formation d’Ă©toiles au bout de quelques millions d’annĂ©es. Cette rĂ©troaction est un Ă©lĂ©ment clef (Au sens propre, la clef ou clĂ© (les deux orthographes sont correctes) est un dispositif amovible…), mais il est encore mal compris.

Une Ă©quipe internationale, incluant deux chercheurs du DAp/LFEMI, vient de publier un article dans l’Astrophysical Journal (Wong et al., 2022, ApJ, 932, 47) Ă©clairant sous un nouveau jour (Le jour ou la journĂ©e est l’intervalle qui sĂ©pare le lever du coucher du Soleil ; c’est la…) le processus de rĂ©troaction stellaire. Cette Ă©tude se concentre sur la nĂ©buleuse de la Tarentule (aussi connue sous le nom de 30 Doradus), dans le Grand Nuage de Magellan (Le Grand Nuage de Magellan (Large Magellanic Cloud ou LMC en anglais) est une galaxie naine…). C’est la rĂ©gion de formation massive (Le mot massif peut ĂŞtre employĂ© comme 🙂 d’Ă©toiles la plus intense du groupe de galaxies (Un groupe de galaxies est une association de moins d’une centaine de galaxies liĂ©es par la…) local. En effet, il naĂ®t, en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractĂ©risant les Ă©lĂ©ments d’un ensemble de…), une Ă©toile (Une Ă©toile est un objet cĂ©leste Ă©mettant de la lumière de façon autonome, semblable Ă  une…) tous les trois ans, dans un rayon de seulement 500 annĂ©es-lumière autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise Ă  jour) donne…) de l’amas stellaire (Un amas stellaire est une concentration locale d’Ă©toiles d’origine commune dans un espace dont…) principal, R136. Cette Ă©quipe a obtenu des observations du gaz molĂ©culaire, avec l’interfĂ©romètre millimĂ©trique ALMA. Les molĂ©cules Ă©tudiĂ©es sont le 12CO et son isotopologue1, le 13CO. La molĂ©cule de 12CO est la molĂ©cule la plus Ă©tudiĂ©e par les astrophysiciens, car c’est la seconde (
Seconde est le fĂ©minin de l’adjectif second, qui vient immĂ©diatement après le premier ou qui…)
la plus abondante, après le H2 qui, lui, ne possède pas de raies d’Ă©mission Ă  basse tempĂ©rature (La tempĂ©rature est une grandeur physique mesurĂ©e Ă  l’aide d’un thermomètre et…). Quant au 13CO, il permet de sonder les rĂ©gions plus denses des nuages molĂ©culaires.

Les observations obtenues, exceptionnelles par l’Ă©tendue du champ (Un champ correspond Ă  une notion d’espace dĂ©fini:) cartographiĂ© et par leur profondeur, ont permis de montrer qu’il restait du gaz molĂ©culaire, dans la rĂ©gion centrale de la Tarentule. Ces nuages ont une structure filamentaire (image ci-dessus), similaire Ă  ce que l’on peut observer dans la Voie LactĂ©e (La Voie lactĂ©e (appelĂ©e aussi « notre galaxie », ou parfois…) (voir par exemple un fait marquant prĂ©cĂ©dent Ă  ce sujet). Les conditions physiques de ce gaz molĂ©culaire indiquent qu’il est encore partiellement autogravitant et pourrait donc continuer Ă  former des Ă©toiles, malgrĂ© la prĂ©sence de l’amas d’Ă©toiles massives qui devrait rĂ©sulter en un environnement (L’environnement est tout ce qui nous entoure. C’est l’ensemble des Ă©lĂ©ments naturels et…) inhospitalier dominĂ© par une grande turbulence (La turbulence dĂ©signe l’Ă©tat d’un fluide, liquide ou gaz, dans lequel la vitesse…) et une faible densitĂ© (La densitĂ© ou densitĂ© relative d’un corps est le rapport de sa masse volumique Ă  la…). Il se pourrait que l’on observe ici un Ă©tat transitoire rapide avant que les structures molĂ©culaires ne soient dispersĂ©es et dĂ©truites. Ces donnĂ©es (Dans les technologies de l’information (TI), une donnĂ©e est une description Ă©lĂ©mentaire, souvent…) ont Ă©galement permis de mettre en Ă©vidence la prĂ©sence d’une composante molĂ©culaire diffuse rĂ©siduelle qui pourrait ĂŞtre la partie visible d’une composante de gaz sombre (voir un fait marquant prĂ©cĂ©dent Ă  ce sujet).

Note:
[i]1 Un isotopologue est une molĂ©cule dont un des atomes (Un atome (du grec ατομος, atomos, « que l’on ne peut…) est remplacĂ© par son isotope (Le noyau d’un atome est constituĂ© en première approche de protons et de neutrons. En physique…). (source: https://www.futura-sciences.com/)
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Contact:
Suzanne Madden

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