confirmer et régner / Serie A / Milan-Udinese / SOFOOT.com

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Près de trois mois après avoir remporté son premier Scudetto en onze ans, l’AC Milan entame dans son San Siro, ce samedi face à l’Udinese, un exercice dans la peau d’un favori pour le titre. Avec un double objectif en tête : apposer sa suprématie nationale et revenir définitivement dans la cour des grands au niveau européen.

Plus de 60 000 personnes avaient décidé de se faire un petit cadeau estival à Marseille le 31 juillet dernier, sous un soleil dominical suffocant. Le grand retour au Vélodrome pour un match de gala opposant l’OM et l’AC Milan, tout juste auréolé de son dix-neuvième titre de champion d’Italie au nez et à la barbe de l’Inter, impossible de manquer ça. Mais au bout d’une grosse trentaine de minutes de jeu, les aficionados phocéens ont vite compris qu’ils n’ont finalement pas souscrit à une partie de plaisir, tant les hommes de Stefano Pioli ont vite remis les pendules à l’heure sur le pré. Deux buts rapidement arrivés et savamment amenés par des actions collectives exécutées à la perfection, comme on en a vu par dizaines lors de l’exercice précédent et venus rappeler une chose : ce Milan-là est déjà prêt à tout rafler sur son passage.

CDK, pour passer le cap

Dans les faits, presque rien n’a changé en trois mois. Les éléments principaux du titre sont restés et même Zlatan Ibrahimović a décidé de sortir les muscles une saison supplémentaire. Seuls Alessio Romagnoli et Franck Kessié ont filé et quelques petites curiosités sont venues titiller l’été rossonero : les premières sont Yacine Adli et Divock Origi, la majeure s’appelle Charles de Ketelaere. Un prospect de 21 ans, tout droit venu de Bruges, pour un chèque de 36 millions d’euros, qui constitue jusqu’à maintenant l’unique léger excès des Milanais dans un mercato loin d’être gargantuesque. Auteur de quatorze buts et sept passes décisives dans le championnat belge la saison passée, le longiligne offensif (1,92m) a eu le luxe cette semaine d’être loué par son sélectionneur, Roberto Martinez, dans les colonnes de La Gazzetta Dello Sport : « De Ketelaere vous laisse sans voix par son aisance technique et son élégance. Il a cette qualité de coordination, notamment dans la dernière passe et dans la frappe au but, que peu de joueurs ont à son âge en Europe. Il a de l’intelligence pour s’adapter à toutes les zones offensives. Il sait le faire grâce à sa technique au-dessus du lot. »

Un renfort soigneusement choisi par la paire Paolo Maldini-Frederic Massara, toujours aux commandes de la direction sportive, qui doit composer avec un chéquier sorti avec précaution par Elliott Management, le fonds d’investissement américain aux manettes du club, avant que celles-ci ne soient prises en main dès septembre par RedBird Capital Partners. Un changement en hautes sphères qui doit faire basculer les Lombards dans une dimension qu’ils ont côtoyée à maintes reprises dans leur histoire : celle des plus grands d’Europe.

Milan en a assez

Pour redevenir ce grand Milan respecté par tous, les Rouge et Noir doivent désormais placer la barre très haut à tous les niveaux. D’abord sur la scène nationale, où toute autre place que la première en fin de saison sera considérée comme une déception. À l’heure où la Juve ouvre un nouveau chapitre de son histoire, où l’Inter a rapatrié Romelu Lukaku (encore une fois) et où la Roma a réussi à attirer Paulo Dybala dans ses filets, le défi s’annonce de taille. Mais plus encore au niveau continental, où la Ligue des champions doit représenter un objectif plus important dans le microcosme milanais que dans le passé récent. La saison dernière, la bande à Pioli avait fini bonne dernière de sa poule, avec quatre petits points, laissant Liverpool et l’Atlético aller en huitièmes de finale et Porto goûter à la C3. Cette année, l’AC Milan figurera dans le chapeau 1 du tirage au sort et devra ainsi assumer un statut de favori de sa poule. Autrement dit : tout ce qui n’est pas une qualification pour la suite de la compétition apparaît comme formellement interdit sur le carnet de bord. En attendant le début des hostilités européennes début septembre, les Lombards ont un programme relativement corsé de cinq matchs qui les attend, dont deux déplacements à l’Atalanta et à Sassuolo, avant de recevoir l’Inter à la maison. Après ça, on devrait déjà en savoir davantage sur ce que cette équipe a vraiment dans le sac. Car l’OM en amical fin juillet, c’est bien, mais deux Scudetti consécutifs pour la première fois depuis 1993-1994, c’est mieux.

Par Alexandre Lejeune

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