Gaming: “Xenoblade Chronicles 3” rentre dans l’art de la guerre

S’appuyant sur un système de combat d’une profondeur incroyable, la dernière production de Monolith Soft déploie une œuvre résolument pacifiste.

Le continent d’Aionios est déchiré par la guerre depuis si longtemps que ni Keves, ni Agnus, les deux nations qui se disputent le territoire, ne savent réellement pourquoi le conflit perdure. Mais la guerre doit continuer, car seules les âmes des ennemis tombés au champ de bataille peuvent alimenter en énergie les camps militaires ou les robots de guerre géants. Les morts ennemies permettent ainsi aux deux camps de survivre.

Pire, les combattants, sortes de bébés éprouvettes, ne vivent que pour la guerre. Ils naissent jeunes adolescents et suivent directement un entraînement militaire avant de rejoindre le front. Le jour de leurs dix ans, ils sont immolés, s’ils ne sont pas tombés au champ d’honneur dans l’intervalle. Jeunesse sacrifiée, dans un conflit sans sens.




En plus de cette attaque de base, chaque combattant dispose de trois attaques spéciales, les “arts”, à activer d’une pression de bouton.

Lors d’une énième escarmouche, le groupe d’élite contrôlé par le joueur se voit, par un concours de circonstances, contraint de prendre les armes avec des soldats de la faction adverse. Après une rencontre qui va changer leur vie, ils deviendront tous parias aux yeux de leurs anciens camarades, et seront contraints à exil, pourchassés à jamais. Dans cette fuite en avant aux airs de road-trip, ils vont libérer les colonies militaires des affres de la guerre. Et rejoindre une mystérieuse cité où ils trouveront les réponses à leurs questions. Et les anciens ennemis vont évidemment se lier d’amitié au fil du temps.

“Xenoblade Chronicles 3”
©doc

Nombreuses références

Le jeu convoque de nombreuses références. Il y a un peu de la série animée japonaise “Neon Genesis Evangélion” dans les robots géants que l’on rencontre et contrôle parfois. Difficile, aussi, de ne pas penser aux “Kaiju”, les monstres colossaux de la mythologie japonaise. Il y a également un peu de “Zelda: Breath of the Wild” dans la démesure des décors arpentés. Un peu d’inspiration des jeux massivement multijoueurs asiatiques dans son système de combat largement automatisé. Ces nombreuses influences, mélangées avec soin, en font une expérience incontournable pour les amateurs de jeux de rôle japonais.




Le système de combat s’enrichit régulièrement tout au long de la partie. Jusqu’à devenir, couche après couche, extrêmement complexe.

En parlant de “Xenoblade Chronicles 3”, impossible de ne pas aborder son système de combat d’une extraordinaire complexité. Dans un premier temps, pourtant, il semble pour le moins limité. On contrôle Noah, un des six personnages de la bande. Ce dernier, comme ses compagnons d’armes, attaque automatiquement les ennemis lorsqu’il est assez proche de sa cible. En plus de cette attaque de base, chaque combattant dispose de trois attaques spéciales, les “arts”, à activer d’une pression de bouton. Contrairement aux attaques normales, ils demandent un temps de recharge et sont plus efficaces en fonction du positionnement du personnage par rapport à l’ennemi. Cela demande un peu de stratégie et de réflexion, mais on fait vite le tour de ce que les combats ont à offrir.

Générosité sans borne

Puis, pile au moment où la lassitude commence à poindre, le jeu introduit une nouvelle mécanique: la possibilité de changer de personnage à la volée, histoire de varier les plaisirs. Quelques heures plus tard, “Xenoblade” ouvre une nouvelle porte en permettant de changer la classe des personnages. Certains combattants sont, en effet, spécialisés dans le combat à l’épée ou dans le soin, etc. Tout le sel consiste alors à rechercher les classes qui se complètent au mieux et à jongler entre les “arts”, afin d’adopter la stratégie la plus payante. Tout, dans le jeu, pousse à expérimenter et à personnaliser son équipe en fonction des besoins et des nouvelles classes disponibles au fil de l’aventure. Et ce système viendra encore s’enrichir régulièrement tout au long de la partie. Jusqu’à devenir, couche après couche, extrêmement complexe. Massif.

“Xenoblade Chronicles 3”
©doc

Mais le système de combat n’est pas le seul à faire preuve d’une générosité sans borne. L’aventure proposée par le studio japonais est gargantuesque. Les environnements sont vastes, pleins de vie et mettent en lumière le gigantisme des vestiges d’une civilisation depuis longtemps disparue. Le dépaysement est là et on se délecte de parcourir ces étendues variées, quoique parfois ternes, mais toujours un peu “aliens”.

Explorer cet univers foisonnant demande pas mal d’abnégation. Il faut pas moins d’une centaine d’heures de jeu avant de voir le bout de l’histoire et d’accomplir quelques quêtes secondaires. Heureusement pour lui, le jeu sort en plein été et ne souffre pas trop de la concurrence. L’occasion de s’y jeter à corps perdu.

Bande-annonce “Xenoblade chronicles 3”


Accessible aux néophytes

L’histoire de “Xenoblade Chronicles 3” se déroulant bien après les événements des précédents jeux, il n’est pas nécessaire de les avoir parcourus pour profiter de ce nouvel épisode. Le joueur, qu’il soit familier ou non de la série, sera de toute façon un peu perdu face à un contexte qu’il ne maîtrise pas au lancement du jeu. La complexité du système de combat et son enrichissement constant risquent en revanche de laisser les moins habitués aux jeux de rôle japonais sur le bord de la route.

Développé par Monolith Soft, édité par Nintendo

Disponible sur Nintendo Switch

60 €

Note de L’Echo:




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