Cheminée hydrothermale du champ hydrothermal de Jan Mayen. © Thibaut Barreyre (imaggeo.egu.eu)

Ça fume beaucoup au fond de l’océan Pacifique !

L’étude du fond océanique apporte à chaque fois son lot de nouvelles découvertes. Un nouveau champ hydrothermal situé dans l’océan Pacifique, à 2,5 kilomètres de profondeur, et montrant une activité particulièrement intense vient en effet d’être identifié.

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[EN VIDÉO] Des sources hydrothermales océaniques entourées de vers géants
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Le fond des océans reste encore à ce jour l’un des territoires les moins explorés de notre Planète. Loin d’être la vaste plaine que l’on imagine, le fond océanique est à l’image du paysage terrestre, extrêmement diversifié et marqué d’importants reliefs, parmi les plus importants du globe. Dorsales, rides, fosses, fractures, canyons, volcans…, le fond océanique enregistre effectivement l’ensemble des événements tectoniques et volcaniques qui se jouent en continu et qui témoignent de la dynamique de notre Planète.

Des cheminées au fond de l’océan

Les premières cartes du fond océanique ne datent que des années 1950, date à laquelle la théorie de la tectonique des plaques commence à s’implanter doucement au sein de la communauté scientifique. C’est à cette occasion que l’on découvre l’existence des dorsales océaniques, immenses chaînes de volcans sous-marins qui s’étirent au milieu de tous les océans du globe et représentent le lieu où la nouvelle croûte océanique se forme. Depuis, les nouvelles découvertes sont fréquentes et permettent de mieux comprendre la dynamique de cet environnement qui gît à plusieurs kilomètres sous la surface de l’eau.

Parmi les grandes avancées de ces dernières décennies, la découverte de sources hydrothermales crachant des fluides riches en minéraux, en sulfure et en méthane à des températures de parfois plus de 300 °C est certainement l’une des plus significatives. Elle a permis de mieux comprendre la circulation des fluides au sein de la croûte océanique, le mécanisme d’évacuation de la chaleur interne de la Terre, les interactions eau-roche… La découverte des « fumeurs noirs » comme on les appelle souvent a également représenté une avancée majeure en biologie puisque les scientifiques ont eu la surprise de découvrir d’importantes colonies d’animaux et de bactéries vivant dans cet environnement extrêmement hostile. L’étude des champs hydrothermaux participe ainsi largement à l’avancée de la recherche sur l’importante question de l’origine de la vie.

Des fluides à plus de 430 °C hors de l’axe de la dorsale

La majorité des champs hydrothermaux découverts se situent généralement au niveau de l’axe des dorsales océaniques, à l’image du site de Lucky Strike, gisant à 1.700 mètres de profondeur sur la dorsale médio-atlantique. C’est à cet endroit en effet qu’a lieu l’activité magmatique principale. La remontée du magma ouvre des fissures dans le socle océanique, dans lequel l’eau de mer s’infiltre, se réchauffe et se charge en minéraux et gaz dissous avant de ressortir au niveau d’évents hydrothermaux.

Mais des chercheurs viennent de découvrir un nouveau champ hydrothermal, dans un environnement plus inhabituel. Le nouveau site a été localisé dans le Pacifique, à 2.500 mètres de profondeur, 321 kilomètres au large de la côte ouest du Mexique, au niveau de la dorsale Est-Pacifique. Mais le site, vaste comme un terrain de football, ne se situe pas exactement sur l’axe de la dorsale comme habituellement, mais sur les flancs. On parle alors de site « hors axe ». Ce nouveau et important champ hydrothermal se compose de nombreuses cheminées, s’élevant sur 10 à 12 mètres de haut et crachant d’énormes quantités d’un fluide noir à plus de 430 °C. Des températures bien plus élevées que tout ce qui avait pour l’instant pu être observé sur cette dorsale.

Pour les chercheurs à l’origine de la découverte, ce genre de site hors axe pourrait être bien plus fréquent que ce que l’on pense, ce qui impacterait les actuels modèles hydrologiques des systèmes hydrothermaux, ainsi que la distribution supposée des sources de chaleur et d’éléments chimiques dans l’océan. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Pnas.

 

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