un nouveau variant de méningocoque B fait un mort en Auvergne-Rhône-Alpes, l'ARS "incite à la vaccination"

un nouveau variant de méningocoque B fait un mort en Auvergne-Rhône-Alpes, l’ARS “incite à la vaccination”

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes lance une campagne de vaccination contre la méningite après l’apparition d’un nouveau variant de la bactérie qui a déjà fait un mort et deux cas graves. Deux tranches d’âge, les 0-2 ans et les 16-24 ans, sont concernés.

Douze cas dont un mortel. Un nouveau variant de méningocoque B détecté dans les régions de Chambéry et de Lyon alerte les autorités sanitaires. L’Agence régionale de santé (ARS) lance une campagne de vaccination dans 205 communes proches de ces secteurs afin d’enrayer sa propagation. Anne-Sophie Ronnaux-Baron, responsable du pôle régional de veille sanitaire à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, est en charge du suivi de la maladie.

Combien de cas de méningite ont été déclarés en Auvergne-Rhône-Alpes ?

“Nous avons enregistré 27 cas de méningite à méningocoque B depuis un an et il y a eu 12 cas correspondant à un nouveau variant. Parmi ces 12 cas, on recense un décès, un cas avec des séquelles et un autre avec un purpura fulminans, des petites taches rouges violacées qui apparaissent sur l’ensemble du corps et qui sont en général de mauvais pronostic.

Que sait-on de ce nouveau variant ?

Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup d’éléments scientifiques concernant ce nouveau variant puisqu’il est récent. La situation était sous surveillance jusqu’à présent, elle n’était pas alarmante. Mais nous avons été obligés de réfléchir à une mise en œuvre d’actions spécifiques parce que le seuil et l’incidence de ces infections invasives à méningocoque B étaient trop élevées.

A quoi l’émergence de ce variant est-elle liée ?

Il n’est pas rare de voir émerger de nouveaux variants. On l’a bien vu avec la Covid qui a connu plusieurs variants successifs. Pour le méningocoque B, nous sommes dans la même situation.

Quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

La maladie se manifeste le plus souvent par de la fièvre, des maux de tête importants qui sont souvent accompagnés de vomissements. Il peut aussi avoir l’apparition d’un purpura, des taches rouges qui peuvent apparaître rapidement. Ce purpura est en général de mauvais pronostic et peut être accompagné d’une fièvre élevée qui est mal tolérée. En cas d’apparition de ces signes, surtout d’une fièvre élevée et de ce fameux purpura, il faut contacter le 15 de toute urgence.

Il peut aussi y avoir des troubles de la conscience, de la diarrhée, une intolérance à la lumière ou au bruit, une raideur de la nuque, des courbatures importantes, une grande fatigue, une somnolence ainsi que des paralysies ou niveau des yeux ou encore des convulsions. Tous ces symptômes marquent déjà la gravité de la maladie.

De quelle manière la maladie se transmet-elle ?

Cette maladie se transmet de par l’environnement, par des contacts proches, prolongés, avec un porteur sain – une personne qui est porteuse du méningocoque B mais qui n’est pas malade. Cette bactérie va ensuite se transmettre, par exemple, par la toux, les postillons ou les éternuements.

Quels sont les risques liés à un nombre de cas élevé, comme c’est le cas depuis quelques mois ?

Cette infection peut entraîner soit des séquelles, soit des décès. Nous avons une prévention grâce à la vaccination que nous pouvons mettre en œuvre. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a décidé de préconiser un certain nombre de mesures dont la vaccination pour les tranches d’âge concernées par cette situation d’hyperendémie [une épidémie localisée géographiquement, NDLR] qui devient préoccupante. Pour éviter l’apparition de nouveaux cas, il faut que l’on incite à la vaccination contre le méningocoque B.

Deux tranches d’âge, les 0-2 ans et les 16-24 ans, sont ciblées par cette campagne de vaccination. Pour quelles raisons ?

Les 12 cas de nouveau variant qui ont été recensés depuis ces derniers mois étaient essentiellement âgés de 16 à 21 ans. C’est pourquoi, dans le cadre des actions et des recommandations de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, nous préconisons une vaccination pour les 16-24 ans qui se trouvent sur deux secteurs : une zone située autour de Chambéry et une autre sur l’Est de Lyon. Au total, pour cette situation d’hyperendémie, on a quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes qui sont concernés : Savoie, Rhône, Ain et Isère.

Nous avons envoyé un courrier à l’ensemble des assurés âgés de 16 à 24 ans concernés sur ces deux zones, mais aussi aux parents des enfants âgés de 0 à 2 ans parce que les enfants peuvent être contaminés. Aussi parce que, depuis avril 2022, la vaccination contre le méningocoque B est recommandée pour les enfants de cet âge. Cette recommandation est inscrite dans le calendrier vaccinal, indépendamment de cette situation d’hyperendémie.

Qu’en est-il du remboursement de la vaccination contre la méningite ?

Pour les tranches d’âge de 16 à 24 ans, le vaccin sera pris en charge par la Sécurité sociale et par la mutuelle uniquement si ces personnes font partie des deux zones géographiques concernées par cette situation d’hyperendémie. Si elles ne font pas partie de ces zones, l’achat du vaccin ne pourra pas faire l’objet d’un remboursement.”

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