La crise de la Covid-19 a augmenté les phénomènes de burn-out, bore-out et brown-out chez les salariés. Ces épuisements professionnels, bien que de plus en plus courants, sont pourtant encore méconnus. © freshidea, Adobe Stock

Quelles sont les différences entre burn-out, bore-out et brown-out ?

Depuis plusieurs années, le monde du travail ne cesse d’évoluer, entraînant avec lui de multiples changements. Si certaines de ces évolutions ont eu un effet bénéfique, d’autres ont accentué le mal-être professionnel de certains salariés, et fait apparaître de nouvelles souffrances au travail. Burn-out, bore-out et brown-out font désormais partie du vocabulaire de nombreux travailleurs. Mais comment différencier ces trois sources d’épuisement professionnel ?

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Selon le 10e baromètre de la santé psychologique des salariés français, publié le 7 juillet dernier par OpinionWay pour le cabinet Empreinte Humaine, 59 % des moins de 29 ans (+5 points) et 43 % des managers (+10 points) se déclarent en situation de détresse psychologique. C’est également le cas pour 45 % des télétravailleurs (+5 points).

En avril 2022, le neuvième baromètre du cabinet Empreinte Humaine faisait état de 2,55 millions de salariés en situation de burn-out sévère, et 38 % en situation de détresse psychologique, mêlant symptômes d’épuisement professionnel et de dépression.

Si le burn-out est la forme d’épuisement professionnel la plus connue, il existe pourtant d’autres formes toutes aussi dangereuses. Focus sur les trois principales formes d’épuisement des salariés et sur leurs caractéristiques.

Le burn-out

Le burn-out survient lors d’une surcharge de travail et d’un surinvestissement de la part du salarié. Cela peut entraîner une fatigue émotionnelle, une perte d’engagement et un certain cynisme dans son travail au quotidien. D’après la Haute Autorité de Santé, le burn-out peut se manifester par :

  • des troubles cognitifs : troubles de la mémoire, de la concentration ou de l’attention ;
  • des troubles physiques : troubles du sommeil, tensions musculaires, vertiges, maux de tête, fatigue anormale, troubles gastro-intestinaux, trouble alimentaires ;
  • des troubles émotionnels : anxiété, tristesse, irritabilité, hypersensibilité, perte de volonté ;
  • des troubles comportementaux ou interpersonnels : désengagement, baisse de la motivation, baisse du moral, dévalorisation.

Le burn-out n’est pas encore reconnu comme maladie professionnelle mais il concerne de plus en plus de salariés. Son apparition peut conduire à de la dépression s’il n’est pas détecté et accompagné à temps.

Le bore-out

À l’inverse du burn-out, qui résulte d’un surmenage et d’un surinvestissement du salarié, le bore-out est le résultat d’un ennui chronique dû à une sous-charge de travail. On parle de bore-out quand le manque de stimulation et la sous-charge de travail sont dans une phase extrême au quotidien. Différentes causes peuvent être à son origine : tâches répétitives, absence d’évolution professionnelle, surqualification du salarié par rapport à ses activités…

Ce manque de reconnaissance et d’objectifs à atteindre peut alors entraîner un absentéisme répété, une lassitude au travail, une baisse de l’estime de soi, un désengagement dans son travail, une augmentation du stress et des risques de dépression. Le fameux « être payé à ne rien faire » qui, pour certains, peut être vécu comme un véritable supplice.

Le brown-out

Plus difficilement détectable, le brown-out concerne les salariés qui se sentent inutiles dans leur travail. Les fameux « bullshit jobs » en sont une parfaite illustration. Il s’agit de métiers généralement chronophages mais dont l’utilité est discutable. La crise de la Covid-19 n’a fait que renforcer ce sentiment de « métiers à la c…n », caractérisés par leur manque de sens et couplés d’inutilité et d’absurdité du travail effectué. Le salarié réalise son travail de manière mécanique, sans motivation et sans réfléchir à ce qu’il fait. Cette perte de sens peut entraîner un repli sur soi et une grande souffrance psychologique pouvant conduire à un état dépressif.

Quelles solutions pour ces trois formes d’épuisement professionnel ?

Si vous pensez reconnaître une forme d’épuisement professionnel chez vous ou l’un ou l’une de vos collègues, n’hésitez pas à en parler autour de vous, que ce soit à vos collègues de travail, à votre supérieur, pour tenter de changer certaines choses, à la médecine du travail ou encore à votre médecin traitant. L’important est de ne pas s’isoler ni de se couper des autres au risque d’aggraver les symptômes et le sentiment de mal-être au travail. Une telle situation peut également être le déclencheur pour une reconversion professionnelle ou un changement d’entreprise.

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