La résurgence de la polio inquiète les autorités sanitaires de Londres à Israël

La résurgence de la polio inquiète les autorités sanitaires de Londres à Israël

Abdulnasser Alseddik / Anadolu Agency / Getty Images Pratiquement éradiquée dans le monde, la poliomyélite fait son retour avec fracas en 2022 (photo d’illustration prise en février dans un centre de vaccination de l’OMS installé au Yémen).

Abdulnasser Alseddik / Anadolu Agency / Getty Images

Pratiquement éradiquée dans le monde, la poliomyélite fait son retour avec fracas en 2022 (photo d’illustration prise en février dans un centre de vaccination de l’OMS installé au Yémen).

SANTÉ – Il n’y avait eu que six cas connus dans le monde en 2021, mais la poliomyélite n’a pas encore été éradiquée totalement. Pire, en cet été 2022, la « polio » a fait son retour dans plusieurs endroits du monde, d’Israël à New York. Tant et si bien que les autorités sanitaires locales se retrouvent contraintes de prendre des mesures face à cette menace qui pèse surtout sur les jeunes enfants.

Pour rappel, la poliomyélite est une maladie extrêmement contagieuse qui envahit le système nerveux au point de provoquer, dans les pires cas, une paralysie totale en quelques heures seulement. Le virus pénètre dans l’organisme au moment de l’ingestion d’eau ou de nourriture contaminée et peut causer la mort lorsque la paralysie atteint les muscles respiratoires.

Une maladie terrible et connue depuis des siècles, mais qui ne peut être traitée une fois qu’elle a réussi à contaminer un individu. La seule solution est la prévention et donc la vaccination, qui ont permis ces trente dernières années d’éradiquer presque totalement l’infection dans le monde grâce aux efforts des gouvernements nationaux, d’ONG et d’instances internationales comme l’Unicef et l’OMS.

Un premier cas depuis 1989 en Israël

Alors qu’un plan a été établi pour faire vaincre la polio à l’échelle mondiale d’ici 2026, la maladie a fait un retour remarqué cette année. Pour la première fois depuis plus de 30 ans, c’est d’abord en Israël qu’un cas a été détecté début mars. Il s’agissait d’un petit garçon de quatre ans qui n’avait pas été vacciné.

Bien que la maladie ait été éradiquée dans le pays, la stratégie de vaccination systématique s’est progressivement assouplie, et une partie des enfants ont cessé de recevoir les deux doses protectrices du vaccin. De Jérusalem, où le premier cas a été détecté, puis progressivement jusqu’à l’ensemble du pays, une stratégie nationale de vaccination a donc été mise en place au printemps.

« À l’exception d’un enfant » qui était asymptomatique, les autorités israéliennes ont précisé que les autres cas positifs (neuf au total) n’étaient pas totalement vaccinés. En outre, des traces du virus ont été retrouvées dans les égouts de plusieurs villes du pays, conduisant les autorités sanitaires à mener une réponse d’une telle ampleur.

Un cas venu de l’étranger aux États-Unis

Plus récemment, jeudi 21 juillet, ce sont les États-Unis qui ont à leur tour détecté un cas de poliomyélite paralysante, dans l’État de New York. Cela faisait près d’une décennie que la maladie n’avait plus été détectée dans le pays.

Selon les autorités sanitaires locales, la personne qui a été infectée avait été en contact avec un individu ayant reçu un vaccin oral qui n’est plus utilisé aux États-Unis depuis l’an 2000, ce qui leur fait dire qu’il devait venir « d’un lieu en dehors » du pays. En effet, ce type de vaccin, s’il protège la personne qui l’ingère, peut entraîner des contaminations chez des individus en contact avec elle qui ne sont pas protégés. Ces contaminations, qui ne rendent pas malade, peuvent néanmoins permettre au virus de muter avant d’infecter de nouvelles personnes.

Le jeune homme contaminé s’est rendu à l’hôpital après la paralysie d’une de ses jambes et par la suite, des traces du poliovirus ont été retrouvées dans différents échantillons d’eau usée avant que d’autres cas positifs soient détectés. Par conséquent, les autorités sanitaires ont rappelé la nécessité de se faire vacciner.

Les petits Londoniens invités à se faire vacciner

À Londres enfin, tous les enfants âgés de 1 à 9 ans vont se voir proposer un rappel du vaccin contre la poliomyélite après la détection du virus dans des eaux d’égouts de plusieurs quartiers de la capitale. Il s’agit d’un deuxième contrôle de ce type après une première alerte en juin dans une station de traitement des eaux usées.

Alors que le virus a été éradiqué en 2003 outre-Manche, l’idée des autorités locales est de protéger au mieux les enfants avant qu’un premier cas positif soit confirmé. À noter en outre que les Britanniques coopèrent avec Israël et les États-Unis notamment pour tracer un éventuel lien entre les différentes contaminations des derniers mois.

Pour le Royaume-Uni et les États-Unis, comme pour l’Australie où deux cas de diphtérie ont été dépistés après 100 ans d’absence de la maladie, les experts en santé, notamment du côté de l’OMS, estiment que la pandémie de Covid a joué un rôle non négligeable. L’éloignement du milieu scolaire où la vaccination est encouragée, l’encombrement des hôpitaux, la désinformation ayant visé les vaccins ainsi qu’un relâchement des pratiques face à des maladies qui avaient pratiquement disparu sont incriminés comme ayant permis la résurgence de ces virus.

À ce propos, l’OMS explique que la proportion d’enfants ayant reçu les trois doses du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP) est tombée de 86% en 2019 à seulement 81% en 2021. Ce vaccin est utilisé comme indicateur clé de la couverture vaccinale à travers le monde. Et la chute de la vaccination est donc révélatrice d’un relâchement global.

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