enfin un moyen de la détecter plus tôt?

enfin un moyen de la détecter plus tôt?

La maladie d’Alzheimer est la forme la plus courante de démence, affectant près d’un million de personnes en France. Les symptômes les plus fréquents sont la perte de mémoire et les difficultés de réflexion, de résolution de problèmes et de langage.

Bien que les premiers signes apparaissent le plus souvent après 65 ans, la maladie se développe 10 à 15 ans avant l’apparition des premiers symptômes. S’il n’existe pas de traitement curatif, un diagnostic rapide, à un stade précoce permettrait aux patients d’accéder à des thérapies permettant de gérer les signes de la maladie et de se projeter vers l’avenir.

Aujourd’hui, les médecins utilisent une série de tests pour diagnostiquer la maladie, notamment des tests cognitifs et des scintigraphies cérébrales. Les scanners sont utilisés pour vérifier les dépôts de protéines dans le cerveau et le rétrécissement de l’hippocampe, la zone du cerveau liée à la mémoire. Tous ces tests peuvent prendre plusieurs semaines…

Et si un seul examen suffisait ? C’est ce que proposent des chercheurs de l’Imperial College de Londres : utiliser une IRM standard que l’on trouve dans la plupart des hôpitaux.

Pour ce faire, ils ont adapté au cerveau un algorithme utilisé habituellement dans la classification des tumeurs cancéreuses.

Ils ont ainsi divisé le cerveau en 115 régions et attribué 660 caractéristiques différentes, telles que la taille, la forme et la texture, pour évaluer chaque région. Ils ont ensuite formé l’algorithme pour identifier les modifications prédictives de la maladie d’Alzheimer.

Un test fiable à 98 %

En testant leur outil sur des sujets sains et des patients atteints de démence, ils ont relevé un taux d’efficacité de prédiction de… 98% ! Ce système a également été en mesure de faire la distinction entre les stades précoce et avancé de la maladie avec une précision de 79 %.

« Actuellement, aucune autre méthode simple et largement disponible ne peut prédire la maladie d’Alzheimer avec ce niveau de précision, donc notre recherche est un pas en avant important », lance le professeur Eric Aboagye, du département de chirurgie et de cancérologie de l’Imperial College, principal auteur de cette étude.

« L’attente d’un diagnostic peut être une expérience horrible pour les patients et leurs familles. Si nous pouvions réduire le temps d’attente, simplifier le processus de diagnostic et réduire une partie de l’incertitude, cela aiderait beaucoup. »

Des médicaments existants

Une autre piste dans la lutte contre la maladie a été identifiée à l’Imperial College : des médicaments déjà utilisés pour traiter ce qu’il est convenu d’appeler les troubles de l’attention.

Le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, ou TDAH, se caractérise par un déficit de l’attention, une impulsivité et parfois une hyperactivité entraînant des difficultés sociales ou bien encore scolaires.

Pour traiter cette pathologie, des traitement dits « noradrénargiques » – qui comprennent des antidépresseurs et des médicaments pour la prise en charge de l’hypertension artérielle – sont parfois utilisés.

Les chercheurs londoniens ont remarqué que ces médicaments ciblent la noradrénaline, un neurotransmetteur essentiel à de nombreux processus cognitifs comme l’attention, l’apprentissage ou la mémoire.

Or, au début de la maladie d’Alzheimer, « une perturbation noradrénergique survient contribuant aux symptômes cognitifs typiques de la maladie », lancent les chercheurs.

Des symptômes atténués

Dont acte, les scientifiques ont donc recherché des essais cliniques publiés entre 1980 et 2021 dans lesquels des médicaments noradrénergiques, tels que l’atomoxétine ou le méthylphénidate (Ritaline®, Concerta®…) avaient été utilisés pour potentiellement améliorer les symptômes chez les personnes atteintes de maladies neurodégénératives.

Et ils en ont trouvé. Parmi eux, 10 travaux impliquant 1 300 patients se sont intéressés à leur impact sur la cognition globale : orientation, attention, mémoire, fluidité… « Cela a montré un effet positif léger mais significatif », avancent les auteurs.

Huit autres études, regroupant 425 personnes, se sont concentrées sur le comportement et les symptômes neuropsychiatriques comme l’agitation et l’apathie. Là, « l’effet positif a été important ».

« La réaffectation des médicaments noradrénergiques est susceptible d’offrir un traitement efficace dans la maladie d’Alzheimer pour la cognition générale et l’apathie », expliquent les chercheurs.

Lesquels expliquent qu’il reste de nombreuses études à conduire, notamment en ce qui concerne « les doses à administrer, les risques d’interaction avec d’autres médicaments… ».

Source : “British Medical Journal”.

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