comment l’IA pourrait nous sauver des cancers

comment l’IA pourrait nous sauver des cancers

La médecine de demain peut se résumer avec 4 P : personnalisée, préventive, prédictive et participative. Avec les progrès constants en matière d’intelligence artificielle, la médecine prédictive veut augmenter les chances de survie en cas de maladie grave.

« Il vaut mieux prévenir que guérir », cela pourrait être le slogan de toutes ces entreprises dédiées à la médecine prédictive. En utilisant des algorithmes particuliers, elles ne permettent pas le diagnostic formel d’une maladie à partir de symptômes, mais un niveau de risques à partir de biomarqueurs. Le but : anticiper l’arrivée d’une maladie grave avec plusieurs années d’avance pour un suivi médical personnalisé.

Plusieurs pathologies déjà concernées

Les entreprises se sont en priorité intéressées aux maladies qui inquiètent le plus la population : les problèmes cardiovasculaires, les cancers et la maladie d’Alzheimer. En effet, un diagnostic précoce permet de les soigner plus efficacement, de freiner les symptômes et, au final, d’augmenter la qualité de vie et les chances de survie. Habituellement, les médecins établissent le niveau de risque d’un patient à partir de différents critères discutés lors d’un bilan de santé : l’âge, le poids, les antécédents familiaux, les comorbidités et le mode de vie.

À cela peuvent s’ajouter plusieurs examens comme un bilan sanguin (pour le taux de cholestérol par exemple) et des tests génétiques. Avec l’intelligence artificielle, il est possible d’aller encore plus loin. Caristo Diagnostics promet d’anticiper les risques de crise cardiaque jusqu’à 10 ans en avance en détectant des micro-inflammations coronaires invisibles à l’œil nu avec un simple scanner assisté d’une intelligence artificielle.

« La France est bien placée sur ces problématiques, puisque les deux dernières entreprises citées sont basées à Paris. »

AgentT, elle, développe un bilan sanguin assorti d’un algorithme dédié qui pourrait diagnostiquer la maladie d’Alzheimer à partir de 45 ans, bien avant que les symptômes commencent à apparaître. Quant à Cibiltech, elle a créé tout un écosystème numérique autour du suivi de greffes d’organes incluant un algorithme spécifique qui permet de prédire la probabilité de rejet afin de l’anticiper et de prendre de meilleures décisions. La France est bien placée sur ces problématiques, puisque les deux dernières entreprises citées sont basées à Paris.

Un enjeu important face au vieillissement de la population

La pandémie de Covid-19 l’a bien montré, les hôpitaux sont en tension en France et la situation dans les Ehpad n’est pas au beau fixe. Cela pourrait être d’autant plus compliqué dans les décennies à venir : selon les projections de l’Insee datant de 2021, 29 % de la population française aura plus de 65 ans en 2070. Comment faire face au risque plus élevé de maladies graves dans cette tranche d’âge alors qu’elle sera une part de plus en plus importante de la population ? C’est dans ce contexte que la médecin prédictive aura son rôle à jouer. En évaluant les risques avec plusieurs années d’avance – l’entreprise française Predilife propose des bilans multipathologies à partir de 40 ans –, il est possible de diagnostiquer et de réagir bien plus rapidement, donc d’avoir besoin de soins moins longs et intensifs. Soins qui pourront bien sûr être personnalisés, une fois de plus, grâce à l’intelligence artificielle.

« On peut se demander si l’offre toujours croissante de tests génétiques ne crée pas un devoir de savoir. Se pose la question de savoir comment garantir la liberté des personnes face au choix de réaliser des tests génétiques. »

Agnès Ricroch & Catherine Dekeuwer

Avec de tels progrès possibles, on pourrait se demander s’il n’y a pas une ombre au tableau quelque part. Dès 2007, l’article « Enjeux éthiques de la médecine prédictive » d’Agnès Ricroch et Catherine Dekeuwer exprimait des craintes sur le sujet, à l’époque sur les tests génétiques : « On peut se demander si l’offre toujours croissante de tests génétiques, relayée par les médias, ne crée pas, ipso facto, un devoir de savoir. Alors même que les recommandations de bioéthique insistent sur le respect de l’autonomie des personnes, se pose la question de savoir comment, dans ces conditions, garantir la liberté des personnes face au choix de réaliser des tests génétiques. »

Cette question peut en effet se poser quand des start-ups de médecine prédictive s’adressent aux entreprises afin de faire passer ces bilans de santé supplémentaires à leurs employés. Si une étude Malakoff-Médéric affirme que 75 % des salariés attendent de leur entreprise qu’elles s’investissent dans le suivi régulier de leur santé, il est plus probable qu’il s’agisse de problèmes de santé liés à l’activité professionnelle comme les maux de dos, le syndrome du canal carpien ou la sédentarité dans le cas d’employés de bureau. Pour le reste, il faudra s’assurer qu’il n’y a ni obligation ni pression sur les employés et que les données restent confidentielles afin que cela reste bien des outils au service du patient et non une nouvelle technologie de surveillance.

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