Ce qu'on a aimé (et moins aimé) au Ronquières Festival | Musique

Ce qu’on a aimé (et moins aimé) au Ronquières Festival | Musique

Il y a dix ans, le Ronquières Festival installait ses scènes au pied du Plan incliné. Pour la première fois cette année (mieux vaut tard que jamais), on a décidé de s’offrir un pass pour les trois jours. Après un week-end bon enfant entre copains, quelques concerts, et un peu de repos, on fait le bilan.


Rilès (et les autres)

La prestation du rappeur français mérite à elle-seule d’être mentionnée. On adorait ses morceaux lorsqu’ils passaient en aléatoire sur Spotify, on est tombé sous le charme de l’artiste qu’on a découvert sur scène. Débarqué en courant, immense drapeau blanc à la main, Rilès a annoncé la couleur pour le reste de son concert. Pendant une heure, il a enchaîné les morceaux (avec chorégraphie sur chacun d’entre eux, s’il vous plaît), chauffé son public, cassé une guitare et même réussi à caser une petite démonstration de capoeira. Un show étudié et puissant qui nous a définitivement convaincu.


Mention spéciale aussi pour Louane, qui a rassemblé une foule impressionnante à Bâbord le samedi et n’a pas hésité à se mêler à elle pour son dernier morceau, et Julien Doré, l’éternel showman. Pour son quatrième passage au festival, le chanteur a assuré le spectacle et s’est même offert une longue ovation du public qui scandait encore ses “oh oh oh” a cappella longtemps après la fin du concert.

Très attendu – et toujours très impressionnant sur scène – Orelsan nous a quant à lui un peu perdu avec sa setlist déprime-garantie. Enchaîner “Jour meilleur”, “Ensemble”, “Athéna” et “Notes pour trop tard” en fin de soirée, ce n’était peut-être pas sa meilleure idée.

Les parkings

On le sait, ils ont fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux le premier soir. De nombreuses personnes sont restées bloquées – parfois plusieurs heures – à la sortie et ont reproché aux organisateurs un certain manque d’organisation. Pourtant, de notre côté, rien à signaler. Garés à quelques mètres à peine de l’une des entrées du festival (et promis, ce n’était pas un parking VIP), nous avons même eu le luxe de laisser un pull et un jeans dans le coffre de la voiture pour nous changer en cours de soirée et ne pas subir le temps qui se rafraichissait. Au moment de quitter les lieux, aucune file en vue. Et en plus, ils sont gratuits. On te regarde, Werchter et tes parkings à 15 euros la journée.

Les paiements avec le bracelet

On reste dans le pratico-pratique. Sur cet aspect, Ronquières n’a rien à envier aux plus grands. Et aurait même quelques trucs à apprendre à certains d’entre eux. Pas de tickets en papier perdus au fond des poches, pas de billets qui volent: sur le site du festival, tout se paie à l’aide du bracelet. Il suffit de scanner le QR code avec l’appli Payconiq, recharger et régler ses consommations en apposant son poignet sur les bornes présentes au bar ou chez les commerçants. Magique. L’avenir, c’est maintenant. 

Julien Doré sur la scène du Ronquières Festival. © Photo News


L’affiche mal équilibrée

On le sait, Ronquières, c’est un festival familial et il en faut pour tous les goûts. Le problème, selon nous, c’est que ces goûts n’ont pas été suffisamment répartis à travers l’affiche. La soirée du vendredi s’adressait davantage à un public jeune. La journée du samedi était quant à elle dédiée aux artistes francophones, tandis que le dimanche offrait une programmation plus rock destinée à une audience plus mature. Alors quand on a un pass pour les trois jours, et qu’on n’est, disons, pas forcément fan de la variété française, on se retrouve vite à vivre une journée pas inoubliable musicalement parlant. Certes, on aurait pu prendre les tickets à la journée, nous direz-vous, mais le plaisir d’un festival n’est-il pas justement de varier les plaisirs et de découvrir de nouveaux artistes? On vous laisse choisir votre camp. 

Un rythme saccadé

Il y a ceux qui aiment se poser sur l’herbe avec les copains et une bière, et puis il y a ceux qui aiment bondir de scène en scène et de concert en concert. Dommage, on fait partie de la seconde catégorie, et Ronquières n’est définitivement pas fait pour ça. Les concerts alternent entre Bâbord et Tribord, et la foule aussi. Résultat, si on n’aime pas un artiste, pas moyen de se rendre sur l’autre scène pour tuer le temps ou en découvrir un autre: il n’y a personne. Bon. On reprend un verre? 

Dix ans, ça se fête… non?

Le “RF” fêtait ses dix ans cette année. Mais à part le logo et un festival étalé sur trois jours au lieu de deux, cet anniversaire ne sautait pas aux yeux. L’affiche ne tirait pas particulièrement son épingle du jeu par rapport aux éditions précédentes. Et le dimanche soir, rien n’indiquait que l’événement venait de souffler sa dixième bougie. Même pas une petite fusée ou quelques cotillons pour marquer le coup. Côté installations, on regrette un aspect général “pas fini”, avec des tentes pas assorties et des grues mal camouflées qui traînent encore derrière la scène. Mais une décennie, ça passe vite. Peut-on réellement exiger d’un festival aussi récent qu’il offre les mêmes prestations que les plus anciens du pays? Rendez-vous dans cinq, dix ans (ou avant), pour apprécier l’évolution du jeune Ronquières. 

BELGA

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