« Sushi factor », mouches sans ailes, huîtres : sept découvertes marquantes à la Station biologique de Roscoff - Roscoff

« Sushi factor », mouches sans ailes, huîtres : sept découvertes marquantes à la Station biologique de Roscoff – Roscoff



  • 1 La preuve que les huîtres peuvent se plaire en baie de Morlaix

  • Beaucoup l’ignorent – même parmi les amateurs d’huîtres – mais le fondateur de la Station biologique en 1872, Henri de Lacaze-Duthiers, a permis le développement de l’ostréiculture en baie de Morlaix. « Entre 1890 et 1893, ses essais réalisés dans le vivier du laboratoire ont montré que l’élevage et la production de naissains y étaient possibles. Ces travaux représentent bien ce que peuvent être les contributions de la station à des aspects locaux », indique Fabrice Not, directeur de recherche au CNRS. Il a dirigé la rédaction de l’ouvrage retraçant l’histoire de l’équipement pour ses 150 ans.

  • 2 L’hémoglobine des crustacés mise au jour

  • Jusqu’aux années 1970, la station n’est occupée que la moitié de l’année, au printemps et à l’été. De passage au début du XXe siècle, des médecins physiologistes y ont fait des découvertes majeures, tel le Belge Léon Frédéricq qui a révélé l’existence d’un équivalent de l’hémoglobine chez les crustacés, l’hémocyanine, un pigment respiratoire. « Ce type de travaux ont créé des “écoles” dont les retentissements sont encore observés aujourd’hui. À Morlaix, l’entreprise Hemarina tire ainsi profit du pigment respiratoire des arénicoles – des petits vers marins – afin de capturer de l’oxygène pour des applications médicales », constate Fabrice Not.

  • 3 Un inventaire inédit des espèces côtières

  • Toujours au début du XXe siècle, un ouvrage va poser les bases de l’écologie marine en milieu côtier. Il s’agit du livre « Les grèves de Roscoff » écrit par Paul Marais de Beauchamp. « Il a réalisé un inventaire des espèces qui vivent dans différents milieux sableux, rocheux, etc. Personne n’avait encore fait ce travail qui s’est révélé fondateur », note Fabrice Not.

    Grâce à des travaux réalisés en 2021, la Station biologique de Roscoff dispose d’une « terrasse » posée au-dessus du grand vivier historique afin de mener de nouvelles expériences scientifiques. (Photo Frédéric Jacq)
  • 4 Des Prix Nobel avec une touche roscovite

  • Les séjours estivaux à la Station de Roscoff ont permis à des scientifiques de commencer leur carrière. Certains, qui y revenaient ensuite régulièrement, ont même été auréolés de Prix Nobel, comme André Lwoff et Jacques Monod. Ils ont été récompensés en 1965 pour leurs découvertes concernant le contrôle génétique de la synthèse des enzymes et des virus.

  • 5 Toute une lignée d’animaux découverte en 1983 !

  • À partir des années 1970, des chercheurs s’installent à l’année et commencent alors une ère de découverte de nouvelles espèces et lignées. L’une des plus emblématiques est un embranchement complet mis au jour en 1983 par le biologiste danois Reinhardt Kristensen. « Il s’agit de celui des loricifères, des organismes microscopiques qui vivent dans le sable. Ce sont des travaux majeurs, un peu comme si l’on découvrait les vertébrés ! », souligne Fabrice Not.

    À l’occasion des 150 ans de la station, une grande frise chronologique a été apposée sur l’un des bâtiments.
    À l’occasion des 150 ans de la station, une grande frise chronologique a été apposée sur l’un des bâtiments. (Photo Frédéric Jacq)
  • 6 Le « sushi factor » découvert à Roscoff !

  • En 2010, Jan-Hendrik Hehemann et son directeur de recherche Gurvan Michel font une découverte dans le microbiote intestinal des Japonais. Une enzyme est présente dans leurs bactéries, qui leur permet de mieux digérer les algues rouges. Depuis Roscoff, les scientifiques ont établi qu’un transfert de gènes a eu lieu d’une bactérie de l’environnement marin à la bactérie intestinale « japonaise ». Ils considèrent que ce transfert de gènes est lié au régime alimentaire des Japonais, basé sur les algues. En particulier la Porphyra, l’algue rouge la plus consommée au monde, surtout sous forme de sushi !

  • 7 Des mouches qui perdent leurs ailes au-dessus de l’aquarium

  • Directeur de la Station biologique de 1945 à 1970, Georges Tessier a été un des fondateurs de la génétique des populations en France. À Roscoff, il a réalisé une expérience étonnante. ?Placées dans des cages au-dessus de l’aquarium, des mouches drosophiles exposées au vent perdaient leurs ailes au fil des générations. Ne pouvant voler face au vent, elles n’en avaient plus besoin. En revanche, celles privées de vent ne les perdaient pas. Georges Tessier a ainsi pu tester et valider la théorie darwinienne de l’évolution de façon expérimentale. « Les premières expériences françaises d’évolution du vivant ont commencé à Roscoff, ce qui explique la présence aussi importante de scientifiques qui s’intéressent à ce sujet aujourd’hui à la station », conclut Fabrice Not.

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