comment l’accumulation de bisphénol A et de phtalates l’endommage

comment l’accumulation de bisphénol A et de phtalates l’endommage

Cosmétiques, aliments, meubles, produits ménagers… Nous sommes constamment exposés aux perturbateurs endocriniens dans notre quotidien. Ils sont “suspectés de contribuer à de nombreuses pathologies chroniques ou développementales : troubles hormonaux et leurs conséquences (infertilité, puberté précoce, obésité, maladie thyroïdienne…), mais aussi malformations congénitales, cancers hormono-dépendants, et même troubles de l’immunité”, précise Santé publique France.

Perturbateurs endocriniens : la puissance nocive de l’effet cocktail

Plusieurs études montrent les effets nocifs de ces substances chimiques, mais de façon individuelle. Or, de fortes préoccupations sont exprimées de la part des scientifiques concernant l’impact réel de ces substances lorsqu’elles s’accumulent dans l’organisme. En effet, si prises isolément, ces particules n’ont pas toujours un effet sur la santé, e lles peuvent interagir entre elles et perturber l’organisme lorsqu’elles sont regroupées. C’est ce qu’on nomme “l’effet cocktail”.

Une équipe de chercheurs de l’Université Chung-Ang à Séoul a donc décidé d’étudier les conséquences d’une exposition au bisphénol A et à sept phtalates courants présents dans les matières plastiques, sur les fonctions hépatiques. “Notre étude a tenté de changer l’approche toxicologique conventionnelle et nous espérons qu’elle aura un impact énorme sur les perspectives réglementaires et de santé publique”, a déclaré le professeur Pang, co-auteur de l’étude.

Bisphénol A et phtalates combinés : des effets toxiques sur le foie ?

Les scientifiques savent depuis longtemps que le bisphénol A et les phtalates sont structurellement similaires aux hormones stéroïdes qui régulent la signalisation chimique dans le corps. Cela signifie qu’ils sont capables de manipuler et de perturber les fonctions hormonales de l’organisme. Le foie est un organe qui est également particulièrement touché par ces substances chimiques car il les transforme pour permettre au corps de les éliminer dans l’urine ensuite. Et lors de ce processus de transformation, des déchets métaboliques sont créés, s’accumulent dans l’organe, et finissent par entraîner la mort de nombreuses cellules.

Dans leurs recherches, ces scientifiques coréens ont exposé des souris mâles à différentes quantités de ces perturbateurs endocriniens. Ils ont ainsi pu constater qu’une forte exposition entraînait une accumulation de lipides, de triglycérides et de cholestérol dans le foie, en plus d’une glycémie élevée. Ils ont également découvert des niveaux élevés de l’enzyme aminotransférase, indiquant des lésions hépatiques.

Les cytokines anti-inflammatoires se sont également avérées aggravées chez les souris exposées aux perturbateurs endocriniens, ce qui a entraîné une stéatohépatite, une condition dans laquelle un excès de graisse s’accumule dans le foie, provoquant la mort cellulaire.

Enfin, les scientifiques ont constaté un risque plus élevé de stéatose hépatique non alcoolique et la progression de la fibrose hépatique en raison d’un dépôt accru de fibres de collagène.

L’exposition combinée aux perturbateurs endocriniens peut augmenter l’ingestion globale, entraînant des conséquences importantes pour la santé”, a insisté le professeur Pang. Les chercheurs espèrent que grâce à ces résultats, de nouvelles réglementations pourront progressivement être mises en place.

Sur le même thème, une recherche publiée dans Environmental Health Perspectives fin avril 2022 montrait un lien de causalité entre la stéatose hépatique non alcoolique (une maladie chronique dont la prévalence ne cesse d’augmenter dans le monde), et une surexposition aux PFAS. Les PFAS sont des substances chimiques perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées très utilisées dans les produits domestiques car elles permettent de rendre ininflammable et d’imperméabiliser les objets : emballages alimentaires, vêtements, cosmétiques, etc.

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